Ce que Nathalie aime et ce que mes enfants, « eux », aiment

Elle pourrait me revenir disent les blouses blanches. Quand je la regarde je pense à ces valeurs qu’elle porte en elle.
Elle aime lire
Eux trouvent que ca demande trop d’effort.

Elle se régale des subtilités de l’âme humaine qu’un Swieg ou un Balzac lui ont fait découvrir. Elle a toujours ouvert son âme pour les ressentir, pour élargir son panel de sensation, et pour cela, elle sait bien que les mots sont la voie d’accès à cet humanisme. C’est pour cela qu’elle a voulu enseigner.
Eux se régalent d’intrigues sanguinolentes, de théories du complot, de personnages à haïr, à buter, à torturer, à « finir ». Eux gavent leurs âmes d’histoires glauques balancés en permanences sur toutes les chaines, des histoires de meurtres en série, d’incestes, d’enfants disparus, d’enterrés vivants, de torturés pour le plaisir. L’écran se nourrit des situations extrêmes et les rend banals. Il n’y a là que situations grossières et barbares qu’on enfonce dans les profondeurs de leurs inconscients, pour libérer la bête, la flatter, lui insuffler que puisque Dieu et toute autorité morale sont morts, tout est possible.

Elle, elle se régale d’instants volés à la dictature du temps, assise dans l’herbe, à ne rien faire, le regard porté à l’horizon, vivante, ho oui, pleinement consciente du cadeau incroyable, merveilleux qu’est la vie.
Eux n’accordent aucune valeur à la vie, tout n’est que rapport de force, de possession, d’ « honneur », tu parles d’un honneur… Ils peuvent s’écharper au couteau pour l’honneur. Des imbéciles, mais des imbéciles dangereux.

Pas de doute, la décivilisation est en marche.

2 réflexions au sujet de « Ce que Nathalie aime et ce que mes enfants, « eux », aiment »

  1. A qui la faute ? Oui je me pose souvent la question. Pourquoi passons nous pour des créatures du crétacé parce que nous prenons un livre pendant nos moments de liberté ? Parce que nous regardons des documentaires sur les animaux ou la nature, à la télé ? Parce que nous écoutons des chansons qui nous rappellent notre enfance ?
    Lorsqu’un jour je discutais avec ma fille et que je lui disais que dans mon enfance, les grandes surfaces n’existaient pas, ni les ordinateurs, ni les téléphones portables, ni même le téléphone fixe, ni aucune sorte de technologie qui font son quotidien, elle m’a regardé ahurie, se demandant comment j’avais fait pour survivre à ça.
    « Comment vous faisiez alors ?  » m’a-t-elle demandé. Je lui ai simplement répondu que ma mère faisait ses courses dans les magasins du quartier et qu’avec mes cousines (j’étais fille unique à l’époque), nous inventions nos jeux. La marelle, les osselets, l’élastique, la corde à sauter. Et que lorsqu’on voulait échanger des nouvelles avec la famille, on allait boire le café chez eux ou on s’écrivait de longues lettres, pour ceux qui habitaient loin. Une fois ou deux par an, on se réunissait. Pas de mails, pas de textos, mais une chaleur humaine qui n’existe plus de nos jours.
    Oui aujourd’hui, ils peuvent jouer en temps réel avec des gens du monde entier. Ils peuvent communiquer à tout instant avec leurs potes.
    Ils peuvent faire les magasins sept jours sur sept et à pratiquement toutes les heures. Mais ils s’ennuient à mourir.
    Leur horizon est bouché. Ils savent bien, même inconsciemment que pour voir leurs misérables rêves se réaliser, il va falloir qu’ils aient beaucoup de chance ou qu’ils sortent des sentiers battus. Ce qui n’est pas donné à tout le monde, convenons-en. Faire la pute et devenir célèbre comme Zahia, ça arrive oui. Mais sur toutes les filles qui font de leur corps un commerce, combien vont s’en sortir indemmes ? Combien vont s’en sortir tout court ?
    Sur tous les castings qui recrutent des jeunes aux neurones discutables, combien vont être sélectionnés pour un réality show pathétique et rester dans la lumière par la suite ?
    Sur tous les gamins qui tapent dans le ballon rond, combien deviendront le nouveau Zidane, combien même seront retenus pour jouer dimanche prochain dans leur club de quartier ?
    Combien pourront-ils exercer le métier de leurs rêves, combien même pourront-ils avoir un emploi qui les fassent vivre ?
    Oui ils savent tout ça nos gamins et ça les désespère. Ils m’inspirent autant de pitié que d’irritation pour ça.

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